Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee, ou l'histoire d'un chef d'oeuvre !

Aujourd'hui, je poste un article un peu inhabituel puisqu'il s'agit d'une revue sur un grand "classique". Par "classique", j'entends certes paru avant ma naissance (ici publié en 1960), mais également un livre emblématique de la littérature d'un pays, et ici, il s'agit des États-Unis d'Amérique !

Le drapeau aux 50 étoiles (voire plus, mais je n'ai jamais été douée en géographie ou en histoire ;))

C'est donc une lecture sous le signe de l'Histoire américaine qui s'est offerte à moi à travers Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, et j'ai été immédiatement emportée par l'histoire, l'Histoire, la narratrice et surtout (et par dessus tout) par sa voix d'enfant innocente et pourtant si touchante et vraie.

 

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est le seul livre écrit et publié par Harper Lee (paraît-il qu'elle en aurait écrit un autre mais qu'il n'a jamais été publié, même si on a retrouvé des bribes de romans après son décès). Il raconte l'histoire de Scout, une petite fille américaine, vivant avec son frère Jem, son père avocat Atticus Flinch, leur cuisinière et aide ménagère Calpurnia, et leur Tante Alexandra ; la famille vit dans une petite ville des États-Unis (Maycomb). Jusque-là, ce roman ne semble pas être exceptionnel et pourtant l'intrigue nous passionne et nous fascine tant elle est véridique : en effet, Tom Robinson, un homme de couleur, est accusé d'avoir violée une jeune femme, sauf que celui-ci s'avère *attention spoiler* non-coupable et finira condamné et abattu dans des circonstances étranges en dépit de son innocence, pourtant démontrée par Atticus Flinch

Si Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est aussi intéressant, c'est parce que les évènements sont racontés à travers le point de vue de Scout, enfant d'une dizaine d'années grandissant au milieu des autres enfants la journée, et au sein du domaine paternel le soir : une double atmosphère apparaît alors : celle sauvage de la cour de récré, et celle plus douce et pourtant (trop) réaliste du domaine familial, où Scout apprend malgré elle et à ses dépends les défauts et les torts des hommes à travers des leçons que lui inculque son père Atticus Flinch.

Le courage, c'est savoir que tu pars battu, mais d'agir quand même sans s'arrêter.

Image de Atticus, portant Jem et Scout, film de 1962, de R. Mulligan

Image de Atticus, portant Jem et Scout, film de 1962, de R. Mulligan

Nous pouvons d'ailleurs parler d'Atticus Flinch qui est sans nul doute le personnage le plus mystérieux de ce roman : à la fois père aimant et professeur à l' "école de la vie" auprès de Jem et de Scout, Harper Lee en fait une figure tutélaire et magistral en le dépeignant toujours sous la figure du juste, de l'homme bon, humble, modeste. Pareillement, Jem, frère aîné de Scout est emblématique de par son évolution d'enfant en homme au fur et à mesure du récit. Cependant, mon gros coup de coeur demeure le personnage de Scout, petite fille audacieuse et attachante. C'est véritablement l'écriture du roman à travers son point de vue qui fait toute la beauté de l'oeuvre : parce qu'elle ne comprend pas les mots des adultes mais les retranscrit avec soin au lecteur, elle permet de juger de la profondeur de ce roman. C'est à travers ses mots d'enfants qu'elle dépeint une réalité qu'elle ne peut pleinement comprendre, mais que nous, en tant qu'adultes, nous comprenons : nous sommes seuls témoin et spectateur de scènes choquantes, voire révoltantes, mais qui pour Scout, n'ont pas de significations. Le lecteur est donc laissé "seul" en proie avec les autres personnages et c'est un effet de style assez étonnant et fantastique à la fois ! 

 

Cependant, l'enjeu de ce roman est et demeure les préjugés : préjugés sur la couleur de peau, sur le lieu de naissance, sur l'éducation, sur la vie. Harper Lee ne dénonce pas directement les préjugés de la société, mais les dépeints et explique les torts et la risibilité des uns et des autres : et c'est à mon avis la raison pour laquelle ce roman est tant étudié dans les lycées aux États-Unis .

... mais avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.

Je ne suis pas adepte des livres classiques, et encore moins des livres à visée historique ou didactique, mais j'ai été emportée par la plume de Harper Lee, par la voix de cette petite fille, si audacieuse mais également si douce et qui possède une puissante de vérité ! C'est donc incontestablement un coup de coeur !

J'attribue la note de 5/5 à Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur : une plume parfaitement menée, un récit drôle et touchant à la fois, assorti d'une pointe d'audace qui n'est pas sans rappeler l'écriture de Margarett Mitchell dans Autant en emporte le vent (qui fait également parti de mes classiques américains préférés) ...

Que demander de plus ?

 

Belle journée ensoleillée,

Julie.

- Je préfererais que vous ne tiriez que sur des boîtes de conserves, dans le jardin, mais je sais que vous allez vous en prendre aux oiseaux. Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c'est un péché que de tuer un oiseau moqueur.
Ce fut la seule fois où j'entendis Atticus dire qu'une chose était un péché et j'en parlai à Miss Maudie.
- Ton père a raison, dit-elle. Les moqueurs ne font rien d'autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur coeur. Voilà pourquoi c'est un péché de tuer un oiseau moqueur.

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Comment on this post

Léa Touch Book 05/04/2016 16:09

J'adore ce classique :)

Julie L 05/04/2016 16:11

Ravie qu'il t'ai plu à toi aussi ! Certains classiques sont de vraies perles, dont Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur :)