Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd — Une perle qui mérite le détour

Bonjour à tous, 

 

Aujourd'hui, je reviens pour vous parler de mon dernier coup de coeur, à savoir Les mots entre mes mains, de Guinevere Glasfurd, qui paraîtra le 24 Août 2016 aux éditions Préludes. Ce roman est un roman historique, qui retrace sous couvert de fiction l'aventure de René Descartes, grand génie et Lumière du XVIIe siècle, et d'une jeune servante, Helena Jans van der Strom  : passion, histoire et action sont donc de mise ! 

J'ai lu cet ouvrage grâce à un partenariat avec les éditions Préludes via Netgalley, un grand merci à eux, je leur suis très reconnaissante pour ce livre qui ne m'a absolument pas déçue ! 

 

Éditions Préludes 

A paraître le 24 Août 2016 

317 Pages, 15€90 

Synopsis : Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l'esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d'ombres et de lumières, où les penseurs sont souvent sévèrement punis, où les femmes n'ont aucun droit, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Que peut-être leur avenir ? A partir d'une histoire d'amour avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d'une femme lumineuse en avance sur son temps. Un roman de passion et de liberté sur fond de fresque envoûtante des Pays-Bas au "siècle d'or".

 

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Mon avis

 

Dès le début de l'histoire, on sent que ce roman est différent : l'agencement des parties est en effet un peu particulier puisqu'on commence avec l'année 1635 avant de retourner quelques années auparavant. Ce mode d'organisation permet à Guinevere Glasfurd de présenter l'héroïne, Helena, de façon radicalement différente : ce ne sont pas des flashbacks qui introduisent l'héroïne mais véritablement des récits à part entière, qui précèdent le début du roman historique. J'ai adoré cet agencement même si j'ai du retourner plusieurs pages en arrière pour être sûre d'avoir le bon cadre temporel lors de ma lecture mais ce n'était absolument pas gênant. 

 

Quant à l'intrigue, elle est simple mais bien menée puisqu'il s'agit de retracer la liaison amoureuse de René Descartes et d'Helena, une jeune servante ; ainsi que leur vie et celles de leurs enfants, dont l'existence a été attestée formellement. Il s'agit donc de réécrire l'Histoire mais pas entièrement et j'ai trouvé que cette entreprise était très bien menée puisque les évènements dépeints coïncident véritablement avec l'Histoire tout en laissant de la place à la fiction, et donc au développement des personnages. Ainsi, Helena apparaît au début comme une simple servante, une jeune femme qui doit gagner ses gages pour survivre mais on décèle très vite chez elle une soif d'apprendre, d'être autre chose qu'une simple domestique ; et c'est d'ailleurs cette volonté hors-norme d'apprendre qui va la pousser vers Descartes. J'ai d'ailleurs trouvé que ce dernier était très bien décrit : il constitue l'équilibre parfait entre le génie et le savant un peu fou, qui s'isole, et vis presque « à distance » du monde réel. 

 

Cependant, j'ai trouvé que la relation entre Helena et Descartes était basée sur des fondements un peu faibles : seul leur amour de la science et de l'apprentissage les lient ; d'ailleurs, Helena appelle son amant « Monsieur » du début à la fin du roman. Pourquoi pas « René » ou « Descartes » ? Est-elle trop enfermée dans les codes de son époque et ce alors qu'elle est a transgressé à maintes reprises ? 

Je vois peu le Monsieur. Pourtant, il est partout où mon regard se pose – comme s’il se tenait quelques pas devant moi, qu’il venait juste de quitter mon champ de vision. En moins d’une semaine, nous sommes à court de chandelles.

De plus, une fois la liaison scandaleuse « passée » ou tout du moins découverte, l'Histoire reprend son chemin et ce sont davantage les faits historiques et les moeurs/condamnations de l'époque qui prédominent et qui permettent de mettre à jour une magnifique critique sociale : les femmes n'ont en effet pas leurs places dans l'éducation et sont restreintes dans leurs moeurs. Et c'est là qu'Helena entre en jeu : présenter l'Histoire et l'histoire du point de vue d'une femme permet de montrer sa condition, mais aussi ses doutes, les regards des autres sur sa vie et leurs jugements. Helena est un personnage très fort, mais également torturé entre sa volonté de fonder une famille et sa condition de servante, qu'elle ne semble jamais outrepasser puisqu'elle reste avant tout une domestique. 

 

 

L'écriture de l'auteur est très fluide et les pensées d'Helena sont dépeintes avec une grande sincérité, avec une plume touchante et juste qui sait mettre les mots sur les déboires de cette jeune servante happée par la passion de la chair et du savoir ! Une véritable douceur historique, sous couvert d'un siècle des Lumières cruel et sauvage, mais qui ne fait que dépeindre avec encore plus de justesse l'aventure vécue par les protagonistes ! 

 

J'ai été entraînée aux côtés d'Helena dans les tourbillons du doute, de la passion, mais aussi du dessin, une de ses passions cachées et j'aurais aimé que ce roman dure davantage. C'est une perle dans le domaine des romans historiques et qui allie sans prétention amour, Histoire et moeurs. 

 

Vous l'aurez donc compris, c'est un coup de coeur et j'espère que Guinevere Glasfurd écrira à l'avenir d'autres romans historiques ! 

5/5 pour ce roman historique au ton juste et précis ! 

QQQQQ

 

Et vous ? Avez-vous déjà lu des romans historiques ? 

 

A très bientôt, 

q< Julie  r

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