Catherine Morland, de Jane Austen - Un classique aux confluents des genres.

Bonjour à tous, 

 

 

    Aujourd'hui, je viens parler avec vous de la suite du Austentacious Book Club, qui - ce mois-ci - m'a permis de lire Catherine Morland, aussi appelé par les anglais Northanger Abbey

Grâce à l'Austentacious Book Club, j'ai déjà lu Orgueil et préjugés ainsi que Persuasion

Alors, qu'ai-je pensé de ce troisième roman écrit par Jane Austen ? Coup de coeur, lecture sympathique ou déception ? 

La réponse ci-dessous. 

 

Éditeur : Bibebooks (si vous cherchez des classiques à lire sur tablette, clairs, lisibles et facilement trouvables, je vous conseille ces éditions qui sont superbement bien faites, notamment avec de superbes lettrines ^^)

Paru en 2014 

Libre de droit

201 pages 

Synopsis : Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur. L'héroïne se retrouve égarée au milieu de conjonctures qui la rabaissent aux yeux du lecteur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, « Les mystères d’Udolphe »  de Mrs Radcliffe.

 

 

Qu’en ai-je pensé  ?! 

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    D'emblée, je suis tombée « en amour » comme disent les québécois avec les lettrines introduisant chaque chapitre. Ces dernières donnent un véritable cachet à cette édition et j'ai eu vraiment l'impression de lire un vieux livre alors que cette édition est très récente et ne remonte qu'à deux ans. 

 

    Le roman commence par une phrase forte digne des romans  de Jane Austen : 

 

Personne qui ait jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l'aurait supposée née pour être une héroïne.

Le récit est donc orienté vers la construction d'un personnage qui finira par être héroïque, défiant les convenances et j'ai beaucoup aimé ce trait de caractère chez Catherine, que l'on retrouve très fréquemment. Catherine est une jeune femme forte, sûre de ses convictions, de ses opinions, et qui veut s'assumer. A contrario des jeunes filles de son époque, elle ne se cache pas derrière les a priori, ou derrière les hommes. J'ai beaucoup aimé la mise en avant des femmes, dans toutes leurs dimensions : les femmes hypocrites, de même que les femmes honnêtes, les femmes timides ou discrètes sont toutes présentées et constituent un palmarès qui s'oppose aux hommes. D'ailleurs, j'ai véritablement vu un parallélisme entre certains hommes et certaines femmes : les Thorpe par exemple sont - aussi bien le frère que la soeur - l'image de cette « épine » que l'on a « dans le pied » selon l'expression et dont on ne parvient pas à se débarrasser. 

 

    L'intrigue est très sympathique et se lit très bien quoiqu'elle n'ait rien de très innovant au vu des autres romans de Jane Austen : deux jeunes gens attirés l'un par l'autre, un sens des convenances à respecter, des mystères et des réputations à tenir ... Rien de bien neuf, si ce n'est que l'héroïne est très combattive et ne se contente pas de subir ou de croire sans réfléchir par elle-même. 

 

    La voix de Jane Austen est fortement présente dans ce récit, et j'ai adoré trouvé de nouvelles critiques de la société au fil des pages, comme si Jane Austen, sous couvert de la voix narratoriale, donnait son avis sur les moeurs de son époque : 

 

La foule diminuait. Maintenant, on pouvait circuler avec plus d'aisance. Et pour une héroïne qui n'avait pas encore joué un rôle très distinct dans les évènements de la soirée, le moment était venu d'être en relief.

Jane Austen donne son avis sur tout : sur ce que doit être une héroïne, mais également sur la littérature en rappelant que les « romans » étaient à son époque des lectures « fantaisistes » et peu considérée. Elle utilise même ses personnages pour démontrer la véracité de son point de vue. Et c'est ce qui fait de ce roman un roman novateur à mon sens : novateur pourquoi ? Tout d'abord parce que les personnages ne sont plus présents uniquement dans le but de corroborer un schéma amoureux typique, mais parce qu'ils sont là pour exprimer et défendre des idées, pour faire avancer les réflexions et les consciences de chacun. De même, ce roman austenien ne se borne pas à l'écriture d'un roman sentimental, emprunt de mièvrerie ou autre sentiment propre à l'époque, mais joue avec les genres : on voit apparaître une pointe du roman d'aventure, mais mieux encore un soupçon de roman gothique

J'ai adoré les mystères et les intrigues étranges et obscures utilisés par Jane Austen dans ce roman : critique, sentiments et mystères constituent le trio gagnant de ce roman

 

Et le soir, tandis qu'elle travaillait avec son amie, elle vit le général arpenter lentement le salon, une heure durant, les yeux baissés, les sourcils froncés. C4était bien l'attitude d'un Montoni. Sans doute, il n'avait pas encore dépouillé tout sentiment humain, et méditait-il au ressouvenir d'un crime. Malheureux homme !

Cependant, j'ai trouvé le récit un peu trop lent : si certains passages sont très consistants en matière d'actions, d'aventures et de découvertes, d'autres m'ont quelque peu ennuyées, notamment les récits répétés entre Mlle Morland et Mr Thorpe. Ces récits étaient assez fades, et assez ennuyeux, même s'ils permettaient de voir le véritable visage de chaque personnage. J'aurais aimé qu'il y ait davantage de rebondissements au vu de la résolution finale du récit, qui est tout de même assez simpliste, et que de véritables entraves apparaissent au travers du chemin des deux héros. 

 

    Catherine Morland est finalement une lecture assez agréable et très rapide, bien que dénuée de grands rebondissements, mais j'ai trouvé que les personnages avaient une certaine profondeur, et un certain courage que j'ai beaucoup apprécié. La fin est certes un peu décevante mais le mélange des genres est tel qu'une assez belle équation apparaît dans ce roman. Je donnerais à ce classique de la littérature anglaise la note de 3/5 : c'est un roman sympathique, qui se lit bien, mais qui ne m'a pas transportée outre mesure. 

 

Et vous ? L'avez-vous déjà lu ? Que pensez-vous des romans de Jane Austen ? 

 

À bientôt, 

Julie.

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